La propolis est une substance récoltée par les abeilles sur les feuilles, bourgeons, écorces des arbres qui leur sert principalement de mastic ou de ciment pour consolider les rayons. Composée de gommes et résines elle a des vertus antiseptiques et antivirales dont nous pouvons profiter en cas de maux de gorge par exemple… La photo montre la récupération d’une boule de propolis issue d’un grattage de couvre-cadres et abandonnée au soleil. L’on distingue bien les deux boules de propolis emmagasinées dans les corbeilles des pattes arrières tout comme le pollen…Rien ne se perd !
15 – Traitements
Traitements de la varroose (Dr-vétérinaire Ricodeau Michel-mars 2008)
Traitements autorisés hors agriculture biologiques:
Apivar (amitraz, sous forme de lanières)
Apiguard (thymol, en pâte, sous forme de barquettes)
Thymovar (thymol, en pâte, sous forme de plaquettes)
Apistan (tau-flavulinate, sous forme de lanières)
sur ordonnance, sauf Apiguard et Thymovar
Traitements autorisés pour l’apiculture biologique:
Apiguard (thymol sous forme de barquettes)
Thymovar (thymol, en pâte, sous forme de plaquettes)
Acide oxalique (en cristaux, à préparer sous forme de sirop, en dégouttage)
Traitements proposés par le GDSA 84
Apivar (amitraz)
Apiguard (thymol sous forme de barquettes)
Traitements rémanents-Traitements ponctuels
Les larves de varroas, prisonnières du couvain, sont à l’abri des traitements ( couvain operculé, en particulier ) et permettent une recontamination de la colonie qui n’aura pas reçu un traitement assez longtemps efficace . Obligation est donc faite de traiter sans couvain, de traiter sur une durée supérieure au cycle de développement de l’abeille, et, si possible, sur une durée de plusieurs cycles de développement.
Deux possibilités existent de ce fait:
- soit des traitements ponctuels, répétés aussi souvent que la brièveté de leur durée d’action l’exige. Cela nécessite une multiplication des interventions ( temps de déplacements et de réalisations ), et de nombreux stress répétitifs pour les colonies;
- soit des traitements rémanents ( action efficace dans le temps ), qui permettent de limiter les interventions et le stress des colonies.
Mais est-on toujours sans couvain, même au coeur de l’hiver ? Les colonies d’un même rucher ont-elles un cycle biologique identique ? La réponse est non.
Le manque d’efficacité des traitements ponctuels est imputable à la présence variable de couvain et à leur mise en oeuvre de façon discontinue ( les nouveaux varroa émergent avec les nouvelles ouvrières, régulièrement ), et/ ou sur une période trop courte.
Dans tous les cas, il faut traiter toutes les ruches
Traitements rémanents
- Apivar (amitraz, sous forme de lanières).
- Apiguard ou Thymovar (thymol sous forme de pâtes, en barquette ou plaquette).
- Apistan (tau-flavulinate, sous forme de lanières).
Les traitements rémanents doivent être faits, préférentiellement, à un moment de moindre activité de la ruche et lorsque le couvain est diminué, le miel récolté, et être laissés en place le temps nécessaire.
Les traitements par évaporation ( thymol ) doivent être faits à un moment où
la température extérieure est suffisamment élevée ( 10°C minimum ; recommandations:
15 à 20 °C sur une période de 6-8 semaines ),mais pas trop ( 30 °C, maximum )
pour éviter un risque d’intoxication par évaporation trop importante et après retrait
des hausses pour éviter le risque de modifier le goût du miel.
Traitements ponctuels
- Acide oxalique (en cristaux, à diluer en sirop, en dégouttage).
- Taktic ( amitraz en solution, par évaporation sur lange), -efficace pendant 24 heures environ, sur ordonnance individuelle.
Le traitement à l’acide oxalique doit, préférentiellement, être fait tardivement dans la saison, novembre ou décembre, à une température extérieure supérieure à 10 °C.
Le traitement au Taktic peut se faire aussi à des températures plus basses, mais son évaporation ( donc la dose délivrée et reçue par les varroa ) est aussi conditionnée par la température de l’air extérieur. Cet insecticide s’accumule dans le miel et les cires. Il est destiné essentiellement à être utilisé pour contrôler l’efficacité des traitements rémanents.
Les autres traitements acaricides ( brompropylate=Folbex, roténone, fluméthrine=Bayvarol, coumaphos=Asuntol et Perizin, etc ) ne présentent pas d’efficacité particulièrement intéressante et sont interdits d’utilisation et de détention, hors ordonnance ( sous réserve que le produit soit un médicament, laquelle ordonnance doit pouvoir justifier du choix de ce traitement par rapport aux produits autorisés). Ils sont lipophiles et ont tous l’inconvénient de laisser des résidus dans les cires (++) et dans le miel (+), et d’être toxiques pour l’utilisateur et polluants de l’environnement.
Les autres traitements à base d’autres acides organiques ( acides formiques et lactiques ) sont plus difficiles à mettre en oeuvre, pour un efficacité moyenne; ils sont hydrophiles et laissent des résidus dans le miel, ce qui n’est apparemment pas le cas pour l’acide oxalique.
Contrôle de l’efficacité des traitements
Il est souhaitable de contrôler l’efficacité des traitements, en particulier pour les traitements au thymol, efficace à 80-85%, avant l’hiver. Deux possibilités, toutes deux sur ordonnance: acide oxalique ( en dégouttage ) et Taktic ( amitraz en solution à déposer sur un lange).
On compte les varroas à partir du 3e jour de l’application, puis tous les 2 à 4 jours, jusqu’à ce que l’on ne trouve plus de varroa sur le lange, préalablement graissé, introduit dans la ruche.
La population de varroa est inacceptable au dessus de 50 varroa par colonie, créant un risque de disparition ultérieur de la colonie, ainsi affaiblie.
Prévention de la varroose
Limiter le stress,:
- en limitant les manipulations ou leur incidence,
- en traitant dans des conditions climatiques correctes ( éviter froid,
vent,orage ),
- enrespectant une quarantaine à l’introduction de nouvelles colonies,
- en gardant les colonies isolées à quelques kilomètres les unes des
autres,
- en veillant aux provisions nécessaires aux colonies, en nourritue et eau.
Contrôle de l’état sanitaire des colonies au moins 3 fois par an ( printemps,
récolte et entrée de l’hiver), et assainissement éventuel.
Quarantaine des essaims recueillis
Respect des recommandations de traitement.
Mise en garde contre les modes de traitements non autorisés ou non validés
Nous mettons en garde ceux qui utilisent des méthodes non validées et/ou ne veulent pas traiter dans la légalité, indépendamment des peines prévues pour infraction aux lois sur la pharmacie:
-contre les risques sur leur santé du fait de manipulations de produits dangereux,
-contre les risques d’orphelinage de leurs colonies avec des produits comme la roténone, le coumaphos, ou les autres acaricides de synthèse vétérinaires ou agricoles,
-contre les risques de résidus dans les cires avec les acaricides de synthèse ( coumaphos, et autres),
-enfin contre les risques de dégradation de la qualité de leur miel avec des produits ou des méthodes n’ayant pas fait l’objet d’étude sérieuse.
Apiguard (thymol sous forme de barquettes de pâte)
boite de 10 barquettes (traitement de 5 ruches) = 30 € (prix de référence vétérinaire).
- Pour une colonie normale: utiliser une première barquette (50 g de gel), puis 2 semaines après ajouter une seconde barquette, même s’il reste encore du gel dans la première.
- Pour un essaim ou une petite colonie: utiliser une demi-dose (25 g de gel) puis une seconde demi-dose 2 semaines après la première. Une fois la barquette ouverte, le gel ne se conserve pas à l’air libre et doit être utilisé très rapidement
- Température extérieure supérieure à 15 (maximum 30 °C).
- avant pose des hausses, au printemps, après retrait des hausses en août-septembre, pour éviter le risque de goût du miel.
- 2-3 cm minimum au dessus de la barquette ( couvre-cadre inversé, réhausseur, hausse vide, ou 2 baguettes croisées au dessus de la barquette )
- La barquette doit être disposée sur le dessus des cadres, gel vers le haut.
- Une agitation de la colonie est observée dans les jours suivant la mise en place.
- Contrôle sur lange ( fond grillagé + tiroirs s’ouvrant par l’arrière de la ruche ) possible après traitement à J 0: J+2, +4, +9, +15, après chaque barquette.
- En raison de ses actions acaricide, bactéricide et fongistatique, le thymol favoriserait l’hygiène de la ruche, renforcerait le comportement de nettoyage des abeilles, pouvant contribuer à prévenir agressions et maladies et participer à la bonne santé de la colonie.
- Port de masque et de gants recommandé
Thymovar (thymol, en pâte, sous forme de plaquettes)
paquet de 5 x 2 plaquettes d’éponge impégnées de thymol (prix non connu)
- 1 à 2 plaquettes selon la ruche, 2 fois à 3-4 semaines d’intervalle
- Température extérieure optimum 20-25°C (maximum 30 °C),
- avant pose des hausses, au printemps, après retrait des hausses en août-septembre, pour éviter le risque de goût du miel; (au plus tard mi-septembre),.
- 2-3 cm minimum doivent être laissés au dessus de la plaquette ( couvre-cadre inversé, réhausseur, hausse vide, ou 2 baguettes croisée au dessus de la barquette )
- Une agitation de la colonie est observée dans les jours suivant la mise en place.
- Contrôle sur lange ( fond grillagé + tiroir s’ouvrant par l’arrière de la ruche ) possible après traitement à J 0: J+2, +4, +9, +15, après chaque barquette.
- En raison de ses actions acaricide, bactéricide et fongistatique, le thymol favorise l’hygiène de la ruche et renforce le comportement de nettoyage des abeilles et peut contribuer à prévenir agressions et maladies et participe à la bonne santé de la colonie.
- Port de masque et de gants recommandé
Apivar (amitraz, sous forme de lanières)
Boite de 2 x 5 lanières (traitement de 5 ruches) = 27 € (prix de référence vétérinaire).
- 2 lanières par ruche dans la grappe d’abeille, 1 lanière pour 1 essaim, insérées verticalement au contact de la grappe.
- avant pose des hausses, au printemps, après retrait des hausses en août-septembre
- gratter superficiellement les lanières (propolis)et changer leur position dans la ruche, tout en les laissant le plus possible en contact avec la grappe, au bout de 4 à 5 semaines, afin que les abeilles les évitent moins par habitude.
- Contrôle sur lange ( fond grillagé + tiroir s’ouvrant par l’arrière de la ruche ) possible après traitement à J 0: J+2, +4, +10, +16, +21
- Port de masque et de gants recommandé
Apistan (tau-flavulinate, sous forme de lanières)
sachet de 10 lanières( traitement de 5 ruches) = 27 € (prix de référence vétérinaire).
- 2 lanières verticalement entre les cadres 3-4 et 7-8 du corps de ruche (ruche de 10 cadres).Pour les nucléi et les ruchettes, une seule lanière est suffisante, à insérer entre les cadres, au coeur du nid à couvain.
- avant pose des hausses, au printemps, après retrait des hausses en août-septembre
- Les lanières doivent être laissées dans la colonie pendant 6 à 8 semaines. Retirer impérativement les lanières à la fin du traitement pour éviter l’apparition de résistance et de résidus dans la cire.
- gratter superficiellement les lanières (propolis)et changer leur position dans la ruche, au bout de 3 à 4 semaines, afin que les abeilles les évitent moins par habitude, tout en les laissant le plus possible en contact avec la grappe.
- Contrôle sur lange ( fond grillagé + tiroir s’ouvrant par l’arrière de la ruche ) possible après traitement à J 0: J+2, +4, +10, +16, +22, 28
- Port de masque et de gants recommandé
Acide oxalique dihydraté (en cristaux, à préparer sous forme de sirop, en dégouttage)
boite de 1 Kg de cristaux = 16 € (prix de référence vétérinaire).
permet de préparer 25 litres de solution, soit le traitement de plus d’une centaine de ruches
Très toxique et caustique ( les lésions de brûlure et d’ulcération qui peuvent se produire, sont immédiates et s’aggravent progressivement).
Il ne laisse pas de résidus décelables dans le miel et a une bonne efficacité (9095 %).
Fiche disponible sur le site internet du GDS 38.
- Il doit être appliqué une seule fois dans l’année, au cours de la période sans ou avec le minimum de couvain (généralement en novembre et décembre); en présence de couvain, l’efficacité chute de 50 %. Pour un traitement complémentaire qui s’inscrit dans la prophylaxie, soit que le résultat du comptage est inacceptable ( plus de 50 varroas morts recueillis justifiant la généralisation du traitement ), soit que l’apiculteur ait choisi ce type de traitement pour une application entrant dans la méthode dite de la lutte intégrée , soit pour le traitement des essaims naturels, artificiels et nus avant le huitième jour d’enruchement.
- Préserver soigneusement l’étiquetage sur le récipient, reporter l’étiquettage sur le nouvel emballage si on est amené à le fractionner, par exemple avec un collègue apiculteur. Reporter l’étiquetage sur la solution ( sirop + AO ).
- Pendant la préparation de la solution et son application au rucher :
- porter des lunettes étanches intégrales ( modèle anti-acide );
- porter des gants étanches du type Nitrile. Ne jamais porter des gants en cuir ou en tissu qui sont perméables;
- porter des vêtements étanches ( anti-acide, ciré de pêcheur ou autre ). Le pantalon doit couvrir les bottes et non l’inverse;
- placer à portée de main une réserve d’eau suffisante pour se rincer et un dispositif rince-oeil;
- effectuer le mélange, AO + sirop à l’extérieur, dos au vent ou mieux en portant un masque antipoussière type P2 ou P3, car il faut éviter de respirerles poussières d’AO.
- En cas de projection sur le corps ou les yeux, enlever immédiatement les vêtements éclaboussés, rincer immédiatement à grande eau la zone contaminée et consulter un médecin.
- Préparer le sirop 50/50 avec de l’eau chaude à 60 °C environ et le laisser refroidir jusqu’à 30 °C. Mettre 1 litre de sirop dans la bouteille plastique. Verser lentement les 40 grammes d’AO mesurés ( préparés à l’avance ) dans le sirop tiède contenu dans la bouteille plastique, visser le bouchon et agiter modérément. Attention l’agitation peut créer une surpression dans la bouteille: ouvrir très lentement le bouchon pour ne pas engendrer la projection du mélange ou des vapeurs chargées d’AO hors de la bouteille.
- Le mélange est ainsi prêt à l’emploi. La bouteille hermétiquement fermée sera placée dans la glacière préalablement remplie d’eau tiède à 30 °C, ceci afin de conserver le mélange à cette température lors du transport et de l’utilisation. En cas de refroidissement du mélange, l’AO ne reste plus dissout et cristallise (perte de l’efficacité).
- Dégoutter lentement le à raison de 5 cm3 par intervalle occupé par les abeilles.
- Stocker le sirop/AO, la seringue, le tube plastique dans un endroit réservé à cet usage. Eviter de stocker la solution, et si cela est nécessaire, la stocker au frais (entre 0 °C et 5 °C), en dehors de la lumière et du réfrigérateur familial. Veiller à ce que les récipients soient hermétiquement fermés. Contrôler que l’étiquette est présente sur la bouteille. Stocker le mélange en dehors de la portée des enfants, des animaux et des aliments. Si vous ne pouvez pas stocker le mélange dans les conditions prévues, le faire détruire en déposant la bouteille avec son identification au stand chimique de votre déchèterie.
- Ne jamais verser ni le mélange, ni l’AO dihydraté à l’égout ou sur le sol.
- Stocker l’AO en cristaux en respectant les conditions préconisées par le fabricant.
Acide formique
L’acide formique est un acide organique que l’on retrouve à l’état naturel dans
plusieurs plantes, surtout au niveau des fruits. Il est donc normal qu’on le retrouve
dans le miel en faible concentration, typiquement environ 100 mg/kg de miel et
même plus pour certains miels comme celui de sapin qui en contient 200 mg/kg.
Son usage pour combattre la varroase requiert cependant une concentration
plus forte; il agit à l’état gazeux. Lorsque l’air est saturé d’acide formique, celui-ci se
condense sur les alvéoles qui y sont perméables. Les acariens meurent au contact de
l’acide qui importune peu les abeilles.
Avantages: Le grand avantage de l’acide formique est son efficacité tant sur les
adultes que sur le couvain, en raison de son mode d’action.
Cette efficacité est d’environ 90%, supérieure à l’efficacité des acaricides de
synthèse qui agissent seulement sur les adultes.
Faible coût et disponible chez les vétérinaires, dans les pharmacies, les centres
d’intrants agricoles, etc. Les acariens ne développent pas de résistance. L’acide
formique était utilisée avec succès, en 2004, dans de grosses entreprises apicoles
comme celle d’Alois Wallner en Autriche, qui possède 700 colonies (il a écrit un livre
sur le sujet).
Désavantages: L’acide formique est une substance très toxique, à manipuler
avec des précautions comparables à celles décrites pour l’acide oxalique.
Un autre désavantage est que l’on peut perdre 5% des reines lors du traitement,
ou même plus si les conditions ne sont pas idéales.
Il laisse aussi des résidus dans le miel ( concentration supérieure à la
concentration naturelle du miel en acide formique ).
Application: L’acide formique est disponible en solution à 65%. On en utilise 15 à 20
ml pour chaque hausse de couvain qu’on imbibe dans un papier poreux qui est placé à
la base de la ruche. Les papiers sont préparés une journée avant l’application pour
éviter une évaporation initiale trop rapide. Ils doivent être conservés dans un sac
hermétique avant d’être placés dans les ruches, le matin ou le soir. De trois à six
traitements, faits à un intervalle de 1 à 4 jours, peuvent être nécessaires selon le
nombre de varroa tombés à la base de la ruche ( lorsque moins de 10 acariens sont
retrouvés, on peut cesser le traitement ). En Autriche, il etait recommandé, en 2004,
de traiter les colonies très atteintes 3 à 4 fois à intervalles de 24 heures, les colonies
peu atteintes 2 fois à 1 ou 2 semaines d’intervalle, et les colonies réinfestées 1 à 2 fois
par mois en septembre ou octobre.
Idéalement, les traitements doivent être faits lorsque la température se situe
entre 20 et 30 °C. Le produit devient dangereux pour les abeilles si la température est
supérieure à 30 °C, et s’avère nettement moins efficace en-deça de 12 °C. On doit
laisser toutes les entrées totalement ouvertes et traiter après la récolte principale ou la
dernière récolte.
Thymol (cristaux à transformer en sirop)
pot de 250g de cristaux = 16 € (prix de référence vétérinaire)
10 à 20 g par ruche, positionnés en 2 points, en solution alcoolique sur éponge ou en
sirop dans récipient, positionnés au dessus des cadres
A titre indicatif, sans que cela représente une quelconque prescription de
traitement, les pratiques relevées dans les publications et sur internet font état des
méthodes suivantes:
fondre 250 g de cristaux dans un demi litre d’eau; ajouter 1700g de sucre
cristallisé = 2 Kg 500 de sirop pâteux); environ 200 g de sirop à placer dans un bac au
dessus des cadres;
ou diluer 40 g de cristaux dans 60 ml d’alcool, imprégner une plaquette de
cellulose « chiminove » (absorbe 12,5g de solution = 5g de thymol); 2 plaquettes par
ruche, à changer tous les 8 jours),
ou 250 g de cristaux dans 250 ml d’alcool (2 x 8 ml à 10 ml, sur éponge ou
plaquette de cellulose par ruche.
Avantages:
faible coût.
Inconvénients:
évaporation mal contrôlable, avec le risque d’une concentration trop faible
( inefficacité ) ou trop forte ( perturbation ou intoxication des abeilles ), donc
efficacité incertaine; et possibilité de donner un goût anormal au miel.
interventions répétées et stress répétés des abeilles.
14 – Fonte de la Cire
Les bâtisses de cire perdent de leur qualité au fil des ans ; chaque naissance laisse un cocon dans la cellule et petit à petit celle-ci- s’amoindrit; de plus l’apiculteur cherche à favoriser les cellules d’ouvrières et à limiter celles de mâles. L’hygiène apporté par des rayons neufs est aussi un important facteur. Le recyclage de la cire passe par sa fonte soit à l’aide d’une simple lessiveuse et d’eau bouillante ; soit avec une chaudière à cire à vapeur soit avec un cérificateur solaire. Ce dernier est surtout employé pour fondre les opercules aprés récolte ou les rayons sauvages n’ayant pas reçu de couvain.Il n’est pas nécessaire de laver les opercules; le miel se sépare de la cire , on le récupère pour faire du sirop à donner aux essaims ou ruches dans le besoin.
Une fois fondue la cire doit refroidir très lentement (isoler avec journaux ou tissus) afin d’éviter les crevasses et aussi pour que les impuretés tombent au fond du récipient et forme un « pied » que l’on gratte par la suite…une refonte donne alors un produit parfait. Le démoulage est facilité si le moule a été enduit d’eau savonneuse.On voit sur la photo ci-dessous 3 cadres dont la cire fond; les fils verticaux ne sont pas distendus; on peut reposer la cire à la suite . La température monte facilement à 80° ce qui est certainement un + sanitaire.
13 – Essaim Artificiel
Si l’on veut augmenter le nombre de ses ruches sans pour autant attendre la venue hypothétique d’un essaim naturel on peut forcer ou devancer la chose (pour éviter justement qu’une de nos ruches essaime alors que nous avons le dos tourné !) en créant un essaim artificiel. L’avantage est que l’on peut améliorer la qualité de notre rucher en sélectionnant notre meilleure ruche pour y puiser les larves nécessaires; une fois née nous saurons aussi quel âge a la reine chose impossible à savoir avec un essaim naturel. (sauf si l’on a assisté au départ de l’essaim primaire d’une de nos ruches tout en connaissant au préalable l’âge de la reine)
Il faut opérer bien sûr sur une ruche forte,( entre 11h et 14h) et un peu avant ou au cours d’une miellée qui correspond à la période d’essaimage de votre région (Avril-Mai-Juin en France) .Dans cette méthode simple( où nous ne devons pas chercher la reine en poste) on utilise le fait que les abeilles gardent en mémoire l’endroit exact de leur ruche au centimètre près et reviennent toujours à cet endroit si celle-ci vient à disparaître.Si cette disparition intervient en milieu de journée les butineuses parties aux champs seront incapables de retrouver leur ruche écartée de 5m ( environ + c’est encore mieux) Elles seront alors toutes heureuses de trouver une nouvelle ruche à sa place contenant un cadre porteur d’oeufs et de petites larves (les plus petites , celles que l’on voit à peine car déposée sur un lit de gelée royale de même couleur) Donc nous commençons par déplacer la vieille ruche et aussitôt mettons la nouvelle à sa place.Le cadre « d’élevage » sera choisi, dans une ruche qui nous a donné le plus de satisfactions ou tout simplement la plus peuplée et douçe. Il faut se mettre le dos au soleil, tenir le cadre à bout de bras pour bien voir au fond des cellules. Une fois choisi ce cadre est secoué afin d’être sûr de ne pas emporter la reine; quelques abeilles naissantes, s’agrippant au cadre, peuvent être laissées.( On fixe une punaise de couleur sur la tête du cadre ) Il est introduit au centre de la nouvelle ruche (10cadres ou ruchette 5/6 cadres) puis nous l’épaulons avec un cadre de pollen pris en bordure de couvain et un de miel; nous faisopns de même sur l’autre côté du cadre d’élevage.Toujours des cadres sans abeilles ! Ceci nous amène à 5 cadres qui sont nécessaires; s’il reste du vide nous remplissons avec des cadres bâtis ou gaufrés ou mieux avec un ou deux cadres de couvain operculé.Cette manipulation effectuée les butineuses, un peu hésitantes, rentrant chargées, vont occuper petit à petit la nouvelle ruche et se mettre en devoir d’élever une ou plusieurs reines sur le cadre central , punaisé .Un nourrisseur de sirop 50/50 est posé.7 jours après nous visitons ce cadre sur lequel nous trouvons des cellules royales.Pour cette visite il faut commencer par extraire un cadre de côté et le poser à l’extérieur pour obtenir un vide qui facilite le déplacement des cadres sur le côté et non verticalement pour éviter un froissement des cellules royales qui sont construites à l’extérieur de la cire (Elles ressemblent à des glands de chênes; très fragiles ! Ne pas choquer le cadre ni le mettre à l’envers, il doit rester vertical ) Suivant les races le nombre est plus ou moins important mais une dizaine n’est pas rare; nous n’en conserverons qu’une, la plus grosse, la plus belle, la mieux placée. Parfois deux sont collées ensemble; les compter que pour une; ne pas les séparer.Le premier cadre sorti à l’extérieur sera remis de l’autre côté en dernier.12 jours après le jour « J » une reine naîtra, se fera féconder (suivant la météo) et pondra 1 mois après ce jour « J ».
35 jours après une visite est faite pour vérifier la nouvelle ponte ; il ne sert à rien de rechercher la reine bien au contraire car elle stresse facilement …Si 40 jours après le jour J il n’y a pas de ponte dans les cellules d’ouvrières il faut démanteler le tout et recommencer.En effet il peut arriver un accident à la reine lors de son vol de fécondation (orage, oiseaux) .
Si l’on désire deux essaims une variante (Méthode Vignole) consiste à introduire deux cadres d’élevage au lieu d’un afin de ne pas devoir découper de cellule qui est une opération un peu délicate pour un commençant. En ce cas lors de la visite des 7 jours on met côte à côte, portes contigues,deux ruches avec chacune un cadre porteur d’une ou deux cellules royales puis petit à petit nous les écartons de 10 cm chaque fois pour arriver à un écart de 5 cm afin que les reines ne se trompent pas d’entrée lors du retour. Il faut au départ posséder deux ruches peuplées ainsi on peut prendre le matériel d’élevage (couvain) à une et poser la nouvelle ruche à la place d’ une autre pour lui prendre ses butineuses;les deux seront moins amoindries de ce fait et la récolte non compromise.
Une fois les pontes commencées on peut renforcer les essaims par des cadres de couvain operculé (1 ou 2 à la fois par semaine) ou par permutation avec d’autres ruches. Il faut savoir qu’en période de miellée les butineuses sont bien accueillies dans des ruches qui leur sont étrangères ce qui n’est pas le cas en cas de mauvais temps ou (et) pénurie de ressources.
12 – Essaim Naturel
Une colonie ayant passé toute une année dans une ruche ou dans un arbre creux atteint son apogée à un certain moment de la belle saison ( d’Avril à Juillet) qu’on appelle aussi la saison d’essaimage. L’essaimage annuel est la manière naturelle des abeilles pour proliférer. Une colonie peut en « jeter » un (essaim primaire, moitié de la colonie avec sa « vieille » reine ; qui peut avoir un an ou deux , trois… voire cinq !) un deuxième (essaim secondaire, plus petit bien sûr, avec une ou plusieurs reines vierges nouvellement nées ) un troisième…un quatrième …. Ces nombreux essaims ne sont pas la règle mais c’est très courant. La « souche » est ensuite bien appauvrie et parfois rendue orpheline car le dernier essaim est parti avec la dernière reine…qui n’est pas revenue comme il se devrait.
Ce préambule pour indiquer que lorsque l’on trouve un essaim pendu à une branche et ne sachant d’où il vient, ne l’ayant pas vu sortir d’une de ses ruches, on ne peut connaître l’âge et la qualité de la reine. Pour un commençant c’est toujours une belle aubaine et pour un expérimenté toujours l’ attrait ludique à le recueillir. Dans un premier temps il faut « l’ arrêter », le capturer, dans un récipient quelconque car un essaim peut repartir comme il est venu dans l’heure ou le quart d’heure qui suit.. Et adieu ! Un carton , un gros seau, une caisse à vin peut faire l’affaire…Un panier à abeilles encore mieux bien sûr et à la rigueur la ruche définitive ; munie de tous ses cadres entièrement gaufrés. Une fois avoir secoué, d’un coup sec, la grappe dans le récipient on retourne ce dernier sur une toile de sac jute (car l’air passe au travers) placée à terre sous l’endroit de sa capture (à peu près, c’est suivant le sol, le plus plat et ras possible.) et en intercalant une ou deux cales (de 4 ou 5 cm d’épais) sur un côté (entre toile et récipient) afin de laisser le passage aux abeilles qui vont se regrouper à l’intérieur si la reine a été prise dans le lot. En 15/20mn tout le monde se calme et l’on peut alors, sans attendre la dernière abeille, ficeler la toile de sac à la base en tendant la toile et porter l’essaim dans une cave fraiche et obscure (avec toujours des cales, cette fois entre sol et sac , pour l’aération). 24h de confinement suffisent à ce que la colonie se calme ; qu’elle perde ce qu’on appelle la « fièvre d’essaimage » Comme il arrive souvent que plusieurs reines vierges soient présentes elles font « leurs affaires » dans la nuit ce qui calmera tout le monde sinon c’est une cause de fuite si l’on met en ruche trop tôt. Le lendemain nous trouvons une ou plusieurs reines vierges tuées ou entre-tuées dans la nuit sur le sac ou grillage assurant l’aération. La mise en ruche définitive se fera le lendemain juste à la tombée du jour ; pas trop tard . (Disons : juste quand le soleil disparaît à l’horizon ) La mise en ruche classique se fait par le devant de la ruche, en secouant la grappe sur un plan incliné qui relie le sol à l’entrée ,posé bord à bord, et ne comportant aucun obstacle comme une latte en travers par exemple. En effet dès qu’elles rencontrent une aspérité ou un pli de tissu les abeilles se groupent et l’ascension est bien retardée. Un peu de fumée dirigée « au cul » du peloton de queue accélère le mouvement….En tapotant avec un tournevis sur la plaque on transmet des vibrations qui décident encore une autre accélération de la montée. C’est un spectacle dont on ne se lasse pas. Si le mauvais temps se manifestait on peut conserver un essaim 5/6 jours à la cave mais c’est du temps perdu et les mâtines commencent à bâtir des constructions qui ne serviront à rien sinon à épuiser leurs « provisions de route ».
Un nourrisseur avec 1L ou 2 de sirop 50/50 pourra être donné après la mise en ruche car bien qu’un essaim se munisse de vivres pour la route ils sont peut-être épuisés. On ne sait pas depuis combien de temps il est sorti de son logis ; ce peut être depuis plusieurs jours car s’il ne trouve pas de refuge il part à sa quête et peut parcourir des kilomètres par bonds successifs et être affamé. Cette faim ne le rend pas d’humeur agréable ce qui n’est pas le cas autrement et en principe. ( Un vieil adage : « un essaim ne pique pas » ) à prendre avec circonspection ! De plus ce sirop l’engage à commencer à construire ses rayons, dans la nuit, ce qui diminue le risque d’un éventuel abandon de la ruche.. La désertion est toujours possible même 2/3 jours après et si l’on possède d’autres ruches il est bien de donner, avant la mise en ruche définitive, un cadre avec du couvain frais (œufs et larves, sans abeilles) cela le fixera d’avantage et si toutefois lors de la capture la reine n’avait pas été prise ou blessée ou perdue, les abeilles pourront en élever aussitôt une autre sur ce couvain. Un petit rappel : une ruche doit toujours être équipée de tous ses cadres sinon les abeilles se logent systématiquement dans tout espace vide pour construire des rayons dits « sauvages » avec les ennuis que cela comporte par la suite pour l’apiculteur. Parfois aussi on trouve plusieurs grappes autour de l’endroit où vous le recueillez ; l’essaim possède plusieurs reines dont des vierges qui sont un peu « fofolles » ; le mieux est de réunir tout le monde plus tôt que de les conserver séparés. Dans la nuit, à la cave, les reines s’arrangeront entre-elles et il n’en restera qu’une. Il faut savoir aussi qu’il existe des essaims dits « de misère » Cela se rencontre dès la sortie de l’hiver ou lors d’un Printemps « pourri » ou encore en Juillet ( mois de disette… en général) ; n’ayant plus de provisions les abeilles tentent le tout pour le tout et émigrent, abandonnant leur ruche ; en général ils sont chétifs mais avec des soins ils peuvent devenir de bonnes colonies.
Une fois votre essaim enruché et suivant sa taille et les conditions météo il n’est jamais superflu d’aider cette nouvelle colonie à bâtir ses rayons par un nourrissement au sirop 50/50 à raison de 2L par semaine pendant un mois soit 10 kg de sucre. Se méfier du sirop au miel qui fermentant facilement est rapidement délaissé s’il n’est pris aussitôt et qui attire les pillardes.(Dans tous les cas il faut réduire l’entrée à 4/5 abeilles pour éviter un carnage (le pillage).
Dicton : un essaim de mai vaut vache à lait ; de Juin : une botte de foin !
Un plan incliné bien pratique pour la mise en ruche.
»Essaim de Mai vaut vache à lait ; essaim de Juin botte de foin «
Comment interpréter ce dicton ? En Mai il s’agit probablement d’un essaim primaire, avec une reine déjà âgée accompagnée d’une grosse population ( le standard : 3 Kg soit 30000 abeilles ; cela peut aller jusqu’à 10 kg car il arrive que plusieurs essaims se regroupent en un seul . Le volume d’un ballon de foot correspond à 15000 abeilles env.) Donc un essaim primaire , suivant sa taille et la floraison-chaleur-humidité, est capable de bâtir ses 10 cadres (Dadant) dans la semaine et de poursuivre avec deux hausses de miel. C’est donc le plus rentable dans l’immédiat mais il faudra songer à remplacer sa reine qui ayant donné une grande partie de son potentiel de ponte ne pourra peut-être pas assumer le réveil du Printemps suivant. Un mois après sa prise l’essaim aura perdu la moitié de sa population décimée par le travail ; il faut attendre que le couvain vienne à terme pour que la colonie retrouve, peu à peu, une population normale. En Juin une bonne partie des floraisons est passée et des essaims plus petits vont se faire prendre . En les aidants de diverses manières (nourrissement, apport de couvain operculé, réunions) ce sont des essaims qui possédant une jeune reine seront les meilleures ruches l’année suivante.
En effet selon un autre axiome, certainement le plus juste : « tant vaut la reine, tant vaut la ruche ! ».
11 – Nourrisseurs
Ici sont présentés :
N°1 : Nourrisseur type anglais Nicot 2L idéal car l’on peut recharger sans avoir besoin d’employer l’enfumoir;de plus les abeilles ne se noient pas et le pillage n’est pas à craindre.
N°2 : Une simple verrine dont ont a troué le couvercle de quelques trous de 1 ou 1.5mm et que l’on retourne sur le trou nourrisseur; pour recharger on fait glisser la verrine de côté et une deuxième est mise à la place ainsi pas de risque de piqûres.
N°3 : même principe avec une boîte pour congélation mais là il faudra un peu de fumée pour le remplacer car le rebord du couvercle permet la présence des abeilles; si on n’utilise pas de fumée (une ou deux bouffées de cigarette peuvent suffire) on attend un certain temps qu’elles rentrent à l’intérieur; plus il fait froid ou nuit plus elles rentrent vite. Comme il n’y a pas de prise d’air il n’y a que quelques gouttes de sirop qui s’écoulent quand on retourne ces nourrisseurs système « D » !
N°4 : pipe enfumoir dont je me sers pour une petite intervention comme remplacer un pain de candi ou vérifier une nouvelle ponte dans un nucléi peu peuplé.

10 – « PANIER » cueille-essaim
L’antique panier( utilisé pour recueillir un essaim suspendu à une branche) fabriqué en paille tressée et muni d’un manche devient rare et cher et pas toujours adapté au volume d’un fort essaim.
Pour pallier à la chose j’ai bricolé à partir d’un seau à miel de 40 Kg… Adaptation d’un manche pour une tenue d’une seule main lors de la cueillette et d’un arceau intérieur permettant à la grappe d’abeilles de bien s’accrocher afin d’éviter sa désagrégation au moindre choc. Un tamis de maçon retourné assure la claustration et l’aération .
Un essaim peut ainsi être transporté et maintenu en cave au moins 24H après sa capture (et jusqu’à 5/6 jours) au frais et dans l’obscurité. Les 24H de confinement servent à calmer la fièvre d’essaimage et aussi à permettre les reines vierges souvent présentes de s’arranger entre-elles… L’enruchement dans une ruche que le lendemain au soir sert à mieux fixer la colonie et à éviter une désertion toujours possible.
9 – Pose de la cire gaufree
L’apiculture est devenue moderne du jour où Langstroth a découvert le fameux « passage d’abeilles » (de 8 mm) ce qui a permis l’utilisation du cadre dit « mobile ». En deçà ou au delà de cet espace les abeilles colmatent le vide, entre la paroi de la ruche et le montant du cadre, soit par de la cire et du miel soit par de la propolis ce qui rend notre cadre bien « immobile » !
Ce passage correspond à l’espace nécessaire à deux abeilles se croisant dos à dos! D’où l’importance de la fabrication au millimètre de la ruche et de ses cadres ainsi que de la qualité du bois employé qui ne doit ni se voiler ni gauchir. Afin d’obliger les abeilles à bâtir bien droit (la ruche étant installée bien d’aplomb; première condition !) nous devons poser une feuille de cire gaufrée dont les cellules sont établies au format de cellules d’ouvrières afin de réduire la production de mâles .(le pointu de l’hexagone devant être dirigé vers le haut du cadre)
Deux principales écoles existent : pose du fil inox verticalement ou horizontalement. J’ai opté pour le vertical car en horizontal la tension du fil arrive à cintrer les montants du cadre; il faut également lors du renouvellement des cires dégager la rainure de la tête de cadre ce qui est fastideux ; ensuite en horizontal, sous la chaleur, le fil a tendance à fléchir avant que la cire ne soit construite…d’où problèmes à venir. Une fois le cadre muni de son fil bien tendu (mais pas à l’excès!) on pose la feuilles de cire dessus et on applique un courant de 12v (batterie ou chargeur de batterie) aux deux extémités.Le fil fait résistance et chauffe ce qui fond la cire; dès que l’on voit le fil apparaître on coupe le courant afin qu’il reste à peu près au milieu de l’épaisseur.
Ne jamais laisser de tels cadres dans une ruche sans abeilles car sans ventilation la chaleur fait fondre la cire qui se détache; un essaim arrive en votre absence et bâtit dans un entrelac de rayons… ce qui n’est pas le but recherché !
8 – CANDI « spécial abeilles » – sa fabrication
(Recette d’Alin Caillas – Le rucher de rapport ) à laquelle j’apporte des petits trucs qu’il vaut mieux connaître.Tout d’abord ne pas confondre le sucre candi en morceaux qui est un sucre imparfaitement raffiné et celui qui convient aux abeilles qui est le sucre candi des confiseurs.
En premier lieu il faut un thermomètre à sucre qui puisse monter à 130 ° vu qu’on arrête la cuisson à 118°. S’il peut monter à 200 c’est encore mieux car il arrive qu’on quitte les lieux pour téléphoner et hop le liquide en fusion monte en quelques minutes !!!! Si cela arrive il faut rajouter de l’eau afin que la température retombe à 118°. Il faut une grosse gamelle en alu ou inox du genre utilisé dans les cuisines collectives avec deux bonnes poignées. (diam 40 H: 50 à vue de nez) En effet le sucre monte d’un tiers comme du lait vers les 100°. La cuisson doit être rapide ; un trépied pour lessiveuse avec un bon feu convient bien. Il faut prévoir des moules. J’utilise des seaux à miel en plastique qui peuvent contenir 3 k° de miel dans lesquels je positionne par avance des sacs pour congélation de 3L dont l’ouverture permet de rabattre le sac à l’extérieur du seau afin qu’il reste bien ouvert seul. Une balance genre Roberval à deux plateaux convient bien car lors du coulage on peut sentir le plateau partir quand on approche du kilo. On peut faire des pains de 2 Kg et plus mais j’ai trouvé que les abeilles ne les prenaient pas bien à cause du plus grand volume qui engendre du froid. Je prends comme exemple la quantité de 15 K° de sucre cristallisé ou poudre qui convient car j’ai remarqué qu’avec un certain volume on obtenait un résultat régulier en qualité de grain final. Mettre 20% d’eau donc 3L dans la gamelle et l’on fait dissoudre petit à petit les 15 k° en faisant tomber en pluie sur un bord et en tournant avec une bonne latte, ajouter 15 cl de vinaigre (1cl par Kg) ; l’acide acétique transforme le saccharose en glucose et lévulose plus assimilables par les abeilles ; on appelle cela l’inversion…
Le feu au plus fort on continue de temps à autre à remuer le fond de la gamelle pour que les cristaux se dissolvent bien avant la cuisson totale. En 30 mn à peu près on atteint 100° le mélange monte comme du lait d’un bon tiers et mousse , puis tout redescend.; l’œil au thermomètre (suspendu depuis le départ par une latte au centre du mélange) on guette la montée maintenant rapide à 116 °(cuisson au petit soufflé) ou 118° (au peit boulé) (orespectivement 37° et 40° Baumé) On coupe le feu. Le mélange se repose un instant et doit être clair comme du miel d’acacia ; on voit le fond de la gamelle. Aussitôt nous versons ce sucre bouillant dans un maturateur de 50K° (ou plus) avec son robinet clapet (fermé ! ).
On laisse refroidir deux heures environ. Il faut pouvoir laisser la main un bon instant contre le maturateur. Nous avons installé les seaux munis de leurs sacs plastique en pyramide à côté de soi et la balance. Avec une latte il faut maintenant battre énergiquement le sucre transparent (partout, bien au fond en raclant les bords) et à un certain moment la transparence va se troubler ; on ne voit plus le fond. Cela suffit ; avec vivacité vous soutirez le candi liquide dans les seaux préparés ; le plastique supporte bien. L’avantage du seau c’est que vous obtenez des pains ronds de 15cm de diam 5 cm de haut qui s’insèrent bien dans une petite haussette (avec quelques journaux pliés par-dessus) , posés sur le trou nourrisseur . Le plastique retient l’humidité chaude de la ruche ce qui favorise une bonne absorption. Le candi ainsi obtenu est de grain fin ; rien ne se perd et pas besoin d’y mettre du miel qui n’est pas un plus à mon avis car la conservation n’est pas la même. Je pense que certains mettent du miel car ne maîtrisant pas comme il faut la cuisson ils montent trop en degrés et le candi devient une brique trop dure à gros cristaux le miel sert à ce moment de liant mais c’est un pis-aller . Les gros cristaux ne sont pas pris par les abeilles et tombent en fond de la ruche ; perdus pour rien. Un candi est réussi quand vous pouvez enfoncer l’ ongle comme dans du beurre ! Il est de très bonne conservation au sec. Je suis en format Voirnot à section carrée et mes couvre-cadres possèdent cinq trous de 35mm positionnés comme le cinq d’un dé à jouer. En effet en Janvier il faut « tomber » juste sur la grappe pour y retourner le pain de candi car parfois cette grappe est décalée. Les abeilles peuvent mourir de faim à côté du pain salvateur. Je prévois à peu près 5 K° de candi pour arriver jusqu’en fin Mars début Avril , à ce moment, si besoin, le sirop peut être utilisé. Je donne ce candi systématiquement dans deux buts : empêcher une famine éventuelle (car la divisible Voirnot est un cadre relativement bas et la réserve de miel n’est pas importante au-dessus de la grappe) et surtout réveiller la ponte précocement ; c’est un starter. Un dernier mot : les enfants aiment aussi ce gros bonbon !!! On retourne donc le pain de candi avec son sac sur un trou nourrisseur. Le plastique concentre la chaleur de la ruche et l’humidité ; les abeilles apprécient même quand le temps est froid.
Il leur faut environ 1 mois pour consommer le premier pain donné en Janvier ensuite 3 semaines puis 15 jours puis 8 ! Il faut donc surveiller afin de réapprovisionner au bon moment car le couvain engendré par cet apport de nourriture compte dessus pour se maintenir jusque au moment où les apports extérieurs suffisent ou alors poursuive cet apport sous forme de sirop, (si l’on a des doutes sur les réserves) , dès que la température autorise des sorties régulières.
Si l’on fait plusieurs fournées il faut que les deux récipients ne conservent pas de candi figé ; cela engendre un mauvais produit. Il suffit de faire bouillir la quantité d’eau prévue pour la prochaine fabrication ce qui lave la gamelle et la verser dans le maturateur avec couvercle ; la vapeur fait dissoudre le reliquat (en grattant un peu) et l’on soutire pour relancer une nouvelle fabrication ; ainsi on ne perd pas un gramme de sucre.
Les abeilles ne stockent pas le candi elles le consomment produisant ainsi de la chaleur; cette nourriture ne convient donc pas pour augmenter les provisions hivernales mais pour y pallier. Son avantage par rapport au sirop c’est qu’il n’oblige pas les abeilles à sortir pour éliminer l’excédent d’eau puisque 18% d’eau est la valeur de celle contenue dans le miel.
7 – Récolte d’une hausse
La récolte de miel peut s’effectuer dès que les cellules sont operculées ( un opercule : couvercle d’une cellule) car à ce moment il est mûr et sera de bonne conservation sinon il fermentera et sera impropre à la consommation. Si une miellée est encore en cours les abeilles seront pacifiques ce qui n’est pas le cas quand les floraisons sont terminées ou que les conditions météo empêchent la sécrétion du nectar. Il arrive souvent qu’une bonne partie ne soit pas operculée mais peu cependant être mûr; il faut tester en tenant le cadre à plat à deux mains et en donnant un, léger,coup de poignets; si le miel est mûr rien ne tombe sinon le nectar encore chargé d’eau sort des cellules en pluie. En ce cas il faut reporter la récolte une huitaine ou rassembler tous les cadres dont le miel n’est pas mûr et les donner à une forte ruche qui achèvera le travail.Le grand principe : Pour récolter une hausse il faut réduire au minimum le temps où la ruche se trouve ouverte; c’est essentiel. En effet une ruche ouverte donne directement sur le nid et les odeurs attirent les pillardes toujours à l’affût; il s’ensuit une excitation des gardiennes et les piqûres commencent à pleuvoir… ! Après enfumage de l’entrée, et une attente d’une minute on peut retirer le toit et le couvre-cadre pour enfumer » à l’intérieur » des ruelles pour forcer les abeilles à descendre dans le nid. Toutes ne descendent pas car la fumée provoque chez les abeilles le réflexe de plonger la tête dans les cellules pour remplir leur jabot de miel dans l’éventualité d’une fuite générale. Il ne faut donc pas s’attarder à s’acharner à enfumer (fumée qui risque de « parfumer » votre miel!).
Nous poursuivons en décollant avec un levier ou fort tournevis les quatre coins de la hausse. Une fois rendue mobile nous soulevons la hausse et la posons en arrière de la ruche sur un support mince et résistant comme par exemple en quinconce (pour ne pas écraser d’abeilles) sur un toit tôle renversé. ( photo ) Aussitôt nous refermons la ruche.
Voilà ! Vous êtes à ce moment bien tranquille pour terminer le travail c’est à dire sortir les cadres un à un et d’un coup sec sur la tête de cadre vous projetez les abeilles restantes sur une plaque de tôle (photo)ou d’ isorel posée sur la ruche. Les abeilles vont se grouper en un mini-essaim au fur et à mesure.(photo) Il reste souvent une ou deux jeunes abeilles qui parcourent le cadre éperdues; nous les projetons alors à la brosse (dans le bon sens du poil !) rejoindre leurs copines.
Le cadre débarrassé nous l’enfermons dans une seconde hausse bien hermétique et ainsi de suite … Il faut encore secouer-balayer les quelques abeilles qui restent sur les parois de la hausse maintenant vide Il est précautionneux d’aller jusqu’à la dernière abeille car il arrive que ce soit la reine qui est restée dans la hausse au lieu de descendre sur le couvain et on risque de la perdre. Il ne reste plus qu’à prendre délicatement la tôle avec ses abeilles et de l’insérer par un coin (ou en plan incliné jusqu’à terre)(photo) dans l’entrée principale; les abeilles rentreront rapidement surtout si vous enfumez celles qui se trouvent à l’extrémité.
Vous pouvez trouver du couvain dans un cadre . Soit vous êtes en divisible (cadre unique) vous l’insérez dans un élément contenant le nid en bas à la place d’un cadre de miel sinon en ruche classique ( à deux formats de cadres) vous posez une hausse sur une grille à reine, vous y mettez les cadres de couvain et vous la récolterez 21 jours plus tard. Vous pouvez regrouper les cadres de couvain de plusieurs ruches dans une même hausse pour étoffer par exemple un essaim.
Pour terminer vous rentrez votre hausse récoltée quasiment sans une abeille dans votre « laboratoire » et la passez à l’ extracteur le même jour car le miel est chaud et il sort facilement. En faisant ainsi et en principe : piqûre : zéro ! Une fois le miel extrait il faut faire lécher les cadres par les abeilles afin de pouvoir les remiser à l’état sec. Sur peu de ruches vous pouvez , le soir(pour éviter le pillage) et en réduisant l’entrée, remettre la hausse sur le couvre-cadre de la ruche, trou nourrisseur ouvert et une plaque supplémentaire pour fermer la hausse.
24 h après vous pourrez l’enlever et la remiser( ou la laisser tout l’hiver ce qui évite du travail et laisse les abeilles le soin de protéger les cadres de la fausse-teigne). Si vous aimez les piqûres utilisez la brosse pour balayer les abeilles dans la ruche : succès garanti ! Mais attention à vos aides ou à vos voisins…!
Autre conseil : utilisez une pince lève-cadre qui maintient solidement le cadre et libère une main. Pour un plus grand nombre de hausses je les installe, en fin d’après-midi à une bonne distance du rucher (30m …50 ou plus est mieux) sur un support . Les abeilles viennent lécher en masse le miel restant mais la distance ne provoque pas le pillage comme cela se fait si la distance est trop courte ; la nuit arrive tout se calme ; le matin de bonne heure le travail reprend jusqu’à la dernière goutte puis les abeilles , à part quelques fouineuses, désertent les rayons asséchés; il ne reste plus qu’à les remiser en colonne sur un socle permettant un courant d’air de bas en haut. Un grillage sera posé aux deux extrémités pour empêcher les souris . Cette disposition de stockage ne convient pas à la fausse-teigne qui n’apprécie pas les courants d’air. De préférence faire le tri des cadres ; ceux contenant du pollen ou ayant eu du couvain à part car le pollen moisit et ceux « à couvain » attirent la fausse-teigne.




























